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Nue-propriété : acheter avec décote, sans loyer ni fiscalité

Vous achetez les murs, un bailleur institutionnel garde l’usage pendant quinze à vingt ans. Vous payez 55 à 70 % du prix, vous ne percevez aucun loyer, vous ne payez aucune charge ni impôt sur ce bien. À l’extinction de l’usufruit, vous récupérez la pleine propriété sans droit supplémentaire.

Décote de 30 à 45 % à l’acquisition, selon la durée du démembrement
Aucun revenu foncier, donc aucune fiscalité pendant la période
Bien hors assiette de l’IFI pendant toute la durée du démembrement

30 à 45 %

la décote obtenue sur le prix en pleine propriété

15 à 20 ans

la durée usuelle du démembrement temporaire

0 €

de fiscalité et de charges pendant toute la période

Hors IFI

la nue-propriété n’entre pas dans l’assiette

CIF

Conseiller en investissement financier, habilité à recommander des placements

COA & IOBSP

Courtier en assurance et intermédiaire en opérations de banque

ORIAS & CNCEF

Immatriculé au registre unique, adhérent d’une association agréée

Indépendant

Aucune offre maison à placer, aucun objectif commercial de groupe

Le mécanisme

Séparer la propriété de l’usage

Le droit de propriété se décompose en deux : l’usufruit, qui donne l’usage du bien et ses revenus, et la nue-propriété, qui donne la propriété des murs sans la jouissance. Dans une opération de nue-propriété, vous acquérez la seconde. Un bailleur institutionnel, souvent un bailleur social ou une filiale de groupe immobilier, achète l’usufruit temporaire et loue le bien pendant quinze à vingt ans.

Vous payez donc moins cher, puisque vous n’achetez qu’une partie des droits. Cette décote correspond, en valeur actualisée, aux loyers auxquels vous renoncez. À l’extinction de l’usufruit, la pleine propriété se reconstitue automatiquement sur votre tête, sans formalité, sans droit de mutation et sans imposition. C’est ce point qui fait tout l’intérêt fiscal du montage.

Durée du démembrementPart du prix payéeDécote obtenue
15 ansenviron 65 à 70 %30 à 35 %
16 à 18 ansenviron 60 à 65 %35 à 40 %
20 ansenviron 55 à 60 %40 à 45 %
Ordres de grandeur du marché : la clé de répartition dépend de chaque opération.

Aucune gestion

L’usufruitier assume tout : recherche des locataires, encaissement des loyers, impayés, vacance, entretien courant. Vous n’avez ni quittance à émettre ni appel de charges à régler. C’est un investissement immobilier sans les contraintes d’exploitation.

Aucune fiscalité

Pas de loyer perçu, donc pas de revenu foncier à déclarer, pas de prélèvements sociaux, pas de contribution supplémentaire. Le bien n’entre pas non plus dans l’assiette de l’IFI, puisque c’est l’usufruitier qui en est redevable.

Les gros travaux à la charge de l’usufruitier

Les contrats prévoient généralement que l’usufruitier prend en charge l’ensemble des travaux, y compris ceux de l’article 606 du Code civil normalement dus par le nu-propriétaire. C’est une clause à vérifier avant signature, pas à supposer.

Les profils

À qui cela convient, et à qui non

1

Le contribuable fortement imposé

C’est le profil de référence. Un investissement locatif classique génère des revenus fonciers imposés à la tranche marginale plus 17,2 % de prélèvements sociaux : à 41 %, près de 60 % du loyer part en impôt. La nue-propriété supprime cette base taxable puisqu’il n’y a pas de loyer.

2

Celui qui prépare un revenu différé

Acheter à cinquante ans une nue-propriété sur quinze ans donne un bien en pleine propriété à soixante-cinq, au moment du départ en retraite. Il peut alors être loué, habité, ou vendu. Le calendrier se pilote.

3

L’assujetti à l’IFI

Le bien n’entre pas dans l’assiette pendant toute la durée du démembrement. Un patrimoine immobilier proche du seuil peut ainsi se développer sans alourdir l’impôt sur la fortune immobilière.

4

À qui cela ne convient pas

À celui qui a besoin de revenus complémentaires immédiats, puisqu’il n’y en a aucun. À celui dont l’horizon est court, la revente avant terme se faisant avec décote sur un marché secondaire étroit. Et à celui qui n’a pas de fiscalité à optimiser, l’avantage principal du montage lui échappant.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il exactement à la fin du démembrement ?

L’usufruit s’éteint automatiquement au terme prévu. Vous devenez plein propriétaire sans formalité, sans droit de mutation et sans imposition sur la reconstitution. Le bien vous est restitué libre de tout occupant, remis en état selon les clauses du contrat.

Peut-on revendre avant le terme ?

Oui, la nue-propriété se vend. Mais le marché secondaire est étroit et l’acquéreur exigera une décote. Il faut considérer l’opération comme engageante sur toute la durée du démembrement, et ne pas y placer de sommes dont on pourrait avoir besoin.

Peut-on financer à crédit ?

Oui, et les intérêts d’emprunt sont déductibles des autres revenus fonciers si vous en percevez par ailleurs. En l’absence de revenus fonciers, cette déduction ne trouve pas à s’appliquer, ce qui change l’équation du financement.

Quel risque si l’usufruitier fait défaut ?

Vous restez propriétaire des murs : votre droit de propriété n’est pas affecté. Le risque porte sur l’entretien du bien pendant la période. D’où l’importance de la qualité de l’usufruitier, un bailleur social ou institutionnel offrant une sécurité supérieure à un opérateur de petite taille.

Quelle différence avec le viager ?

La durée. En nue-propriété, le démembrement est temporaire et sa fin est connue dès la signature. En viager, il s’éteint au décès du crédirentier, donc à une date inconnue. La nue-propriété supprime l’aléa de durée, ce qui la rend bien plus facile à intégrer dans un plan patrimonial.

La décote ne vaut que si le prix de départ est juste

J’analyse d’abord la valeur du bien en pleine propriété au regard du marché local, ensuite la clé de répartition, enfin la solidité de l’usufruitier et les clauses relatives aux travaux. Une opération se juge sur ces quatre points, jamais sur le seul pourcentage de décote mis en avant.

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Pour aller plus loin

Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Un investissement immobilier, direct ou en parts, présente un risque de perte en capital et une liquidité limitée. La valeur des parts et les revenus distribués peuvent évoluer à la baisse. L’horizon de détention recommandé est de huit ans minimum. 2AP Conseils est immatriculé à l’ORIAS. Toute recommandation est précédée d’un bilan patrimonial et d’une évaluation de votre profil.