Vos besoins

Préparer sa retraite, c’est d’abord chiffrer ce qui va manquer

La question n’est pas « combien dois-je épargner » mais « quel revenu me manquera-t-il, et à partir de quand ». Tant que ce chiffre n’est pas posé, tout versement se fait à l’aveugle. La méthode tient en trois temps : estimer, combler, sécuriser.

Estimation du taux de remplacement selon votre régime
Arbitrage PER, assurance vie, immobilier selon votre tranche d’imposition
Stratégie de sortie en capital ou en rente, planifiée à l’avance

50 à 75 %

le taux de remplacement moyen, très variable selon le statut

64 ans

l’âge légal de départ après la réforme de 2023

172

trimestres requis pour le taux plein, générations récentes

15 à 20 ans

l’horizon qui rend l’effort d’épargne supportable

CIF

Conseiller en investissement financier, habilité à recommander des placements

COA & IOBSP

Courtier en assurance et intermédiaire en opérations de banque

ORIAS & CNCEF

Immatriculé au registre unique, adhérent d’une association agréée

Indépendant

Aucune offre maison à placer, aucun objectif commercial de groupe

Étape 1

Chiffrer le revenu qui manquera

Le taux de remplacement est le rapport entre votre première pension et votre dernier revenu d’activité. C’est le seul chiffre qui compte, et il varie énormément selon votre statut. Un salarié non cadre s’en sort souvent autour de 75 %. Un cadre supérieur descend fréquemment sous 50 %, parce qu’une part importante de sa rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale. Un indépendant peut tomber plus bas encore.

Salarié du privé

Régime général plus retraite complémentaire Agirc-Arrco. Le taux de remplacement se dégrade à mesure que le revenu augmente : au-delà du plafond, la part cotisée rapporte proportionnellement moins.

Cadre et dirigeant

L’écart se creuse le plus. Une rémunération élevée génère mécaniquement le déficit le plus important en valeur absolue, et c’est aussi le profil pour lequel la déduction fiscale du PER est la plus rentable.

Travailleur indépendant

Cotisations souvent minimisées pendant la vie active, donc pension faible. La prévoyance et la retraite supplémentaire ne sont pas des options mais la reconstitution d’une couverture qui n’existe pas.

Étape 2

Choisir les véhicules pour combler l’écart

SolutionAvantage principalContrepartie
Plan d’Épargne RetraiteVersements déduits du revenu imposableCapital bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas légaux
Assurance vieDisponible à tout moment, fiscalité douce après 8 ansAucune déduction à l’entrée
SCPIRevenus complémentaires réguliers dès aujourd’huiCapital non garanti, liquidité limitée
Immobilier locatifEffet de levier du crédit, bien tangibleGestion, vacance locative, fiscalité des revenus fonciers
LMNPAmortissement du bien, loyers peu ou pas fiscalisésContraintes de statut et de comptabilité

Le PER n’est pas toujours la bonne réponse

C’est le produit qu’on vous présentera en premier, et l’arbitrage mérite pourtant d’être posé. L’économie d’impôt à l’entrée dépend entièrement de votre tranche marginale : un versement de 10 000 € rapporte 4 100 € d’économie à 41 %, mais seulement 1 100 € à 11 %. Or les sommes récupérées seront imposées à la sortie. En dessous de 30 %, le gain fiscal net devient mince, et le blocage du capital pèse alors lourd face à la souplesse d’une assurance vie.

Étape 3

Adapter l’effort à l’horizon

1

Avant 45 ans : le temps fait le travail

L’horizon autorise une part significative d’actifs de long terme, et les versements programmés modestes suffisent grâce à la durée. C’est aussi la période où ouvrir un contrat, même faiblement doté, pour lancer le compteur fiscal des huit ans.

2

De 45 à 55 ans : l’effort principal

Les revenus sont à leur plus haut, les charges de famille commencent à décroître, et la tranche marginale d’imposition rend la déduction du PER réellement intéressante. C’est la fenêtre où se joue l’essentiel du capital retraite.

3

Après 55 ans : sécuriser plus qu’accumuler

La part risquée doit décroître progressivement. Subir une baisse de 20 % deux ans avant le départ n’est pas rattrapable. Cette désensibilisation se planifie support par support, elle ne s’improvise pas dans l’urgence.

4

À la liquidation : arbitrer capital ou rente

Le PER autorise les deux, et ce choix est irréversible. La rente sécurise un revenu à vie mais aliène le capital, qui ne sera pas transmis. La sortie en capital laisse la main mais fait porter le risque de longévité. Le fractionnement sur plusieurs années limite par ailleurs le coup fiscal.

Questions fréquentes

À quel âge faut-il commencer ?

Le plus tôt possible, mais la réponse utile est ailleurs : commencez par estimer votre taux de remplacement. Épargner sans savoir ce qui va manquer conduit soit à surépargner inutilement, soit à découvrir l’écart trop tard pour le combler.

Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?

Oui, dans six cas prévus par la loi : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, expiration des droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire. Hors de ces cas, le capital reste bloqué.

Faut-il sortir en capital ou en rente ?

Cela dépend de votre patrimoine par ailleurs et de vos objectifs de transmission. La rente convient quand le PER constitue l’essentiel des ressources complémentaires. Le capital se défend quand d’autres revenus existent et que la transmission compte.

Les SCPI sont-elles adaptées à la retraite ?

Elles distribuent des revenus trimestriels sans gestion, ce qui correspond bien à un besoin de complément. Mais le capital n’est pas garanti et la liquidité dépend du marché des parts : 2023 l’a rappelé avec des baisses de prix sur plusieurs SCPI de bureaux. Elles constituent une poche, pas la totalité.

Que se passe-t-il si je décède avant la retraite ?

Sur un PER assurantiel, les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés, avec un régime fiscal qui dépend de votre âge au décès. La clause bénéficiaire mérite donc la même attention que sur une assurance vie.

Estimer votre retraite avant de placer

Le bilan retraite part de votre relevé de carrière, chiffre le taux de remplacement attendu et mesure l’écart à combler. Ce n’est qu’ensuite que la question des véhicules se pose, et elle se pose alors avec un objectif chiffré plutôt qu’avec une intuition.

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Pour aller plus loin

Les informations de cette page sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. 2AP Conseils est immatriculé à l’ORIAS. Toute recommandation est précédée d’un bilan patrimonial et d’une évaluation de votre profil.